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Vers une nouvelle hausse de la facture d’électricité à l’horizon de 2020!

Une nouvelle hausse des tarifs est annoncée à l’horizon de 2020 même si près de sept millions de ménages sont considérés comme étant en situation de précarité énergétique, d’après l’observatoire national de la précarité énergétique. Plongés dans le noir, éclairés à la bougie, dans l’incapacité de chauffer leur nourriture….  Et que le Médiateur national de l’énergie constate de son côté que les Français ont de plus en plus de mal à payer leurs factures d’énergie. D’après les données qui lui ont été ont été transmises par les fournisseurs d’énergie le nombre de coupures d’électricité a bondi de 18% et celui de gaz naturel s’est envolé de 10% au premier semestre par rapport à la même période en 2018. Le médiateur craint qu’en 2019, ‘’le nombre d’interventions pour impayés, coupures ou réductions de puissance, dépasse les 572.440 réalisées en 2018’’.
Les consommateurs peinent à suivre le rythme régulier des hausses de tarifs, selon le médiateur. En effet après deux hausses successives et injustifiées en juin 2019 de 5,9% et en août 2019 de 1,23%,  les tarifs d’électricité devraient poursuivre leur ascension prochainement. Le président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Jean-François Carenco, annonce une augmentation probable de 4% des tarifs réglementés en février.
Pour rappel : A l’origine l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité a été créé en Europe pour réguler et/ou  faire baisser les tarifs de l’électricité, mais en France cela se retourne contre les consommateurs et usagers, car le mécanisme augmente le coût de la facture de l’électricité alors que rien ne le justifie puisque la production de l’électricité nucléaire en France à un coût relativement bon marché.
Les FAÉ (Fournisseurs Alternatifs d’Électricité) « ekWatteur « ,  « Eni « , « Planète Oui », « Total Direct Énergie »,  « Wattenfall », etc., espéraient le relèvement du volume d’achat de l’électricité nucléaire à 150 térawatts heures (TWh) pour se fournir abondamment, actuellement à des prix d’achat bien inférieurs à ceux du marché.
La loi énergie-climat récemment votée donnait la possibilité au gouvernement, par un arrêté, d’augmenter de 100 à 150 TWh le plafond de production de l’électricité nucléaire disponible à prix fixe et en dessous du marché de gros de l’électricité pour les fournisseurs alternatifs et concurrents d’EDF (dit dispositif ARENH), mais le gouvernement ne souhaite pas modifier ni le volume du plafond de l’ARENH, ni le prix d’achat pour cette année et pour l’année 2020.
La conséquence directe obligera les FAÉ à acheter l’électricité qui leur manque à des prix élevés sur le marché de gros de l’électricité ce qui aura pour conséquence d’augmenter les factures de leurs clients, mais également les TVR (Tarifs de Vente Réglementés d’EDF et d’Engie) par ricochet, la commission de régulation de l’énergie (CRE) ayant déjà relevé les TVR pour limiter les disparités entre les différents fournisseurs d’électricité institutionnels et alternatifs.
En dehors d’informer les consommateurs, de les orienter vers les aides existantes et les acteurs susceptibles de les accompagner, les associations de consommateurs doivent rester vigilantes sur ce dossier et alerter de nouveau le gouvernement qu’une telle décision serait vécue comme une injustice et impactera de nouveau le pouvoir d’achat des consommateurs !
Outre  ces hausses successives de tarifs, le médiateur de l’énergie dénonce un durcissement de la politique de gestion des impayés des distributeurs d’énergie qui se pressent de sanctionner les mauvais payeurs avant la trêve hivernale qui débutera le 1er novembre 2019  pour s’achever en mars 2020 où les coupures sont interdites.

CTRC-IdF, le 15/10/2019

Mahjouba D & Pierre R.